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samedi, mai 23, 2015

L'autre sirène

L'autre sirène est belle à sa manière. Bien sûr, elle n'a pas les formes attirantes ni les longs cheveux blonds de sa cousine. Mais elle se dresse fièrement au dessus des flots.
Parfois, perdu au milieu des brumes sournoises, son chant se répercute sur les vagues. Le bruit du ressac lui sert de tambour. Et le cri des mouettes salue chaque performance. Mais l'autre sirène n'attire pas les voyageurs qui auraient le malheur de l'entendre. Elle les repousse doucement loin d'elle, niant la solitude qui l'habite. 



Face aux naufrageurs, l'autre sirène est un ange de fer et de sel.

lundi, mai 11, 2015

Le musée des libertés inassouvies

Bienvenue, cher visiteur, pour cette visite guidée dans notre Musée des libertés inassouvies.

Aujourd'hui, nous nous intéresserons plus particulièrement à deux pièces particulières, j'ai nommé "Rêve d'infini" et "Ligne de désir", respectivement référencées aux n°20150511A et n°20150511B de notre inventaire.



Sans aucun doute, "Rêve d'infini" est jusqu'à présent l'œuvre la plus marquante de notre collection par la présence qu'elle impose à son spectateur. Elle symbolise le rêve de liberté intrinsèque à chaque être et ce plafond de verre qui nous empêche de les réaliser. Quels que soient nos envies, et leur force, il faudra toujours compter avec les limites que nous nous imposons, qu'elles soient connues ou refoulées au plus profond de nous-même.




"Ligne de désir" a été créée le même jour que "Rêve d'infini". Cette œuvre est beaucoup moins impressionnante que la première, et pourtant elle en est le parfait pendant. Elle montre une pancarte invitant le passant à marcher sur l'herbe. De toute évidence, l'artiste a alors trouvé sa manière d'échapper au plafond de verre en créant de nouveaux chemins non encore matérialisés dans la réalité. Rappelons qu'une ligne de désir est un chemin créé par le passage répété de piétons dans un environnement où ce chemin n'avait pas été prévu. Il devient donc évident que le message de l'artiste est de sortir des sentiers battus afin de trouver sa propre voie.


En conclusion, je dirais que trop de guides ont tendance à s'arrêter à "Rêve d'infini", il est vrai capable à lui seul de frapper notre imagination par ses dimensions monumentales. Pourtant, "Ligne de désir" est son complément nécessaire par sa dimension libératrice et surtout créatrice.

Je vous remercie pour votre visite. La boutique de souvenirs est à votre droite. Et n'oubliez pas le guide.

samedi, mai 09, 2015

Gentle reminder

Mesdames, messieurs, 
Merci de ne pas laisser votre imaginaire sans surveillance.

Ladies and gentlemen, 
Please do not leave your imagination unattended. Thank you.





vendredi, mai 08, 2015

L'averse

Hier, j'ai été surprise par une averse. 

J'aurais dû m'y attendre, c'est vrai, me préparer davantage. Prendre un parapluie? Non, ce n'est pas très utile dans ce genre de cas. On ne peut pas vraiment se protéger de ce genre de déluge. Et puis, comme me disait une femme en riant: "Après tout, c'est la saison!". Oui, la saison. L'été a ses orages, l'automne sa brume froide, l'hiver sa neige. Et le printemps...

Je l'avais vue venir de loin, pourtant. Mais j'avais continué mon chemin, m'en rapprochant à chaque pas. Soudain, le ciel s'assombrit au-dessus de moi. Je me tins immobile, paralysée par un déferlement de sensations. Les odeurs sucrées envahirent mes narines. Le violet, le pourpre, le vert éblouirent mes yeux. Le doux bruissement des feuilles charma mes oreilles. Une averse, oui, une magnifique averse de fleurs.




L'été a ses orages, l'automne sa brume froide, l'hiver sa neige. 
Et le printemps a ses averses de fleurs.

dimanche, mai 03, 2015

Psycho-géographie

Sensibilité. Poésie. Errance.
Une parenthèse au sein de laquelle les rêves naissent du réel et le réel s’imprègne de rêve.
Errer dans un train, quel paradoxe. Opposer les rails de métal au vagabondage de l’esprit s’imprégnant des paysages aléatoires. Une passivité active. Echapper aux contraintes. 



Marquer le réel au fer de l’imaginaire. Une trace uniquement transmissible, que rien ne laisse deviner, unique à un être, intime.
Les moyens de partage sont multiples: écrit papier, numérique, image, son, vidéo-mouvement… Le langage du monde est reçu comme image et sons, sensations, que l’humain traduit en mots, en notions. Mais aucune traduction n’est fidèle.
Peut-être se contenter de faire naître d’autres rêves, et renoncer par principe à faire revivre l’instant enfui.

vendredi, novembre 10, 2006

Memento mori

La ville, grouillante de vie.
Pour eux, finalement, une seule chose importe. Acheter pour exister?
Je fais moi aussi partie de cette masse. J'achète, oui, mais autrement. Des livres quand tous ne jurent que par la télévision. Du noir quand le rose layette est à la mode. Du rouge.
Vertige.
Je ne sais plus.
Je pousse cette grille et retrouve le calme qui nous manque tant. Auprès de ceux qui ne sont plus, un peu de recul est enfin possible.
Souviens-toi.