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dimanche, mai 24, 2015

Roissy express

Oui, je viens de faire un vol trans-atlantique de plusieurs heures à destination de Paris.
Oui, j'ai marché des heures dans des couloirs en direction de Paris.
Oui, j'ai pris la ligne de RER B allant en direction de Paris.
Non, je ne me suis pas arrêtée à Paris.

Parfois, la vie peut faire penser à cela:




A propos de cette ligne B du RER, grâce au blog "Invisible Paris", je viens de découvrir l'existence du livre de François Maspero intitulé "Les passagers du Roissy-Express"
Pour cet auteur, Paris était devenue un "Disneyland de la culture" et seules ses banlieues contenaient "le vrai monde et la vraie vie". Après avoir fait ce constat, il lui prit l'envie d'explorer les banlieues parisiennes d'une manière originale en voyageant sur la ligne B du RER et en s'arrêtant à chaque station, sauf celles de Paris. Le résultat est un guide de voyage original, sur lequel je vais m'empresser de mettre la main.

dimanche, mai 10, 2015

Le jeu des sept différences

Passer une frontière, découvrir l'autre côté et ses différences. Jouer au jeu des sept erreurs.
Parfois terriblement sérieux et affreusement triste.




Je traverse les frontières pour mon propre plaisir et d'autres pour une vie meilleure. Toujours, la frontière est là, immatérielle et réelle à la fois.
Une herbe plus ou moins verte, un soleil frappant plus ou moins fort.

dimanche, mai 03, 2015

dimanche, novembre 25, 2012

Rêves et poésie

La poésie... Il n'y a que ça qui me parle vraiment en ce moment.
Un instant si bref, un clin d'oeil, un haiku.
Concentrer une histoire en quelques syllabes, quelques mots.

Cela fait longtemps que je n'ai pas réussi à créer davantage. Ma dernière nouvelle "Luz del camino" a été publiée aux Éditions Sombres Rets en janvier de cette année. Mais depuis, rien.
Rien que des éclats de poésie.

Et mes pensées ont dérivé vers les Utopiales, finies ce dimanche. Et des Utopiales vers Neil Gaiman et Mirror Mask.


Je me souviens de la queue pour demander une dédicace. Beaucoup de personnes avaient un Sandman dans les mains. Le Seigneur des Rêves, le marchand de sable, celui qui forme le vide. Neil Gaiman a rêvé le Sandman, qui fait rêver à son tour tant de personnes. Dont moi. "Vous êtes un grand rêveur", aurais-je voulu lui dire, quand il m'a pris mes livres des mains. Et moi, fais-je rêver à mon tour? Je l'espère.
J'espère que quelqu'un quelque part, a rêvé grâce à moi.

samedi, mars 07, 2009

Le syndrôme de la page noire

Je ne sais pas ce qui m'a poussée... Un délire, une envie, un besoin plus que vital. Ecrire quelque chose, autrement. Briser des lois, passer de l'autre côté du miroir sans tain. Alors j'ai jeté toutes mes pages blanches et leurs syndrômes, toutes mes peurs et mes angoisses. Et sur mon grand bureau de bois brun j'ai étalé avec soin la plus sombre des pages noires. Comme l'encre se laissait toute entière absorber, c'est le clair de lune qui m'a prêté sa plume. (Mais quel oiseau vit sur la lune ?) Et sous mes doigts étonnés, naquirent les pleins et les déliés, les accents et les suspensions...

Au clair de la lune on n'y voit qu'un peu. On cherche la plume, on cherche le feu. Ma chandelle est morte, Pierrot de mon coeur. Ouvre-moi ta porte. Eloigne mes peurs.




If light were dark and dark were light
The moon a black hole in the blaze of night
A raven’s wing as bright as tin
Then you, my love, would be darker than sin.


The Invocation, by Pandora's box

Si la clarté était sombre et les ténèbres lumineuses
La lune, un trou noir dans l'embrasement de la nuit
L'aile du corbeau, la brillance du chrome
Alors toi, mon amour, serais plus sombre que le pêché



La lumière du soleil noir me guide sur le chemin de mes terreurs, alors que je marche dans la vallée de l'ombre de la mort.




Schwarze sonne - E nomine.
Et par ici, le clip vidéo original, encore meilleur...


Semper sequindo odorem sanguis
Ferrox currendo ex infernalis
Semper sequindo odorem sanguis
Est cerberus, est cerberus

Toujours suivant l'odeur du sang
Hors de l'enfer, courant follement
Toujours suivant l'odeur du sang
C'est le Cerbère, c'est le Cerbère

dimanche, février 08, 2009

J'ai brûlé mes rêves, hier

J'ai brûlé mes rêves, hier.
Il faisait si froid ce soir-là, un froid qui glace et serre le coeur. Cherchant de quoi me réchauffer, c'est dans le grenier, sous de grosses couvertures mitées que je les ai trouvés. Ils traînaient dans une boîte, accumulant la poussière, se désèchant lentement, entre un rayon de soleil et un déguisement d'enfant. Alors je les ai ramenés dans mon salon, et un par un les ai jetés au feu.
C'est drôle un rêve qui brûle. ça fait un petit bruit comme un regret, un soupir de neige qui tombe. Et une fragile étincelle bleue. Aucune chaleur. Aucune flambée. Vraiment, aucune utilité.
Il fait si froid ce soir.
Un froid qui glace et serre le coeur.

vendredi, septembre 19, 2008

La roue de fortune

Il est parfois d'étranges moments dans la vie. Après de nombreuses années de stabilité relative, un déclic se fait et tout se retourne, tel un immense sablier arrivé en bout de course.

Dans les arcanes du Tarot, cette étape de la vie s'appelle La roue de fortune. Nul ne sais quelle main lance la roue ni avec quelle force. Nul ne sait si le lot sera bon ou mauvais, ni même s'il y en aura réellement un. Rien n'est encore décidé. Lorsque cette carte apparaît dans un tirage, elle signale une période de changements. Des départs, des arrivées, des remises en question. Beaucoup de remises en question. Et le cortège des angoisses qui accompagnent en général ces questionnements.

La roue tourne, hypnotique, déroulant sous nos yeux de nouveaux rêves, et des espoirs. Jusqu'à ce qu'elle trouve d'elle-même un nouvel état stable.

Comme j'aimerais pouvoir l'arrêter sur la meilleure case, celle que je désire. Mais mon bras est trop court et la roue hors d'atteinte.
Le sphinx et le Nuë me regardent d'un œil torve. Pas de tricherie par ici. Seule la chance a force de loi.

Au final, je n'ai que cette conviction : devoir trouver le meilleur de ce qu'il adviendra.

遠神恵賜
とお かみ えみ ため
Oh dieu distant, puissè-je recevoir ta bénédiction.

lundi, février 25, 2008

L'histoire sans fin

C'est parti de peu de choses.
Une mention au détour d'un message d'un ami. Même pas un mail puisque nous étions en train de chatter.
Les paroles s'envolent...

"Attention c'est le début de la schizophrénie littéraire ça... Affûte-toi un ou deux noms de plus!"

Parfois il suffit d'un mot, comme un interrupteur.

"Nom".

But above and beyond there's still one name left over,
And that is the name that you never will guess;
The name that no human research can discover--
But THE CAT HIMSELF KNOWS, and will never confess.
When you notice a cat in profound meditation,
The reason, I tell you, is always the same:
His mind is engaged in a rapt contemplation
Of the thought, of the thought, of the thought of his name:
His ineffable effable
Effanineffable
Deep and inscrutable singular Name.
Thomas Stearns Eliot, The naming of cat

Je me souviens de ce poème, dans sa version traduite en Français. J'avais étant petite une admiration quasi religieuse pour les chats. Je collectionnais les magazines, les photos, les images, les livres, les textes, les poèmes... Parmis eux se trouvait "Comment nommer un chat", et je ne l'ai jamais oublié.

C'est le nom que jamais nul ne peut deviner,
C'est le nom dont jamais nul ne saura le nom,
Le chat qui le connaît ne veut le révéler...

Ce n'est que récemment qu'il m'a été donné la chance de vivre avec un chat. Quand je la vois en profonde méditation, la queue battant légèrement à son côté, je me dis qu'elle doit être plongée dans quelque haute réflexion philosophique à jamais inaccessible. Son troisième nom. Son véritable nom...

Je me souviens aussi de ce livre intitulé "L'histoire sans fin", un gros tome aux feuilles épaisses et rugueuses, plus tard adapté au cinéma.

"La petite Impératrice du royaume de Fantasia est gravement malade. Et avec elle, c'est le monde entier qui s'écroule, rongé par le Néant. Seul un enfant des Hommes peut la sauver, car lui seul a le pouvoir de lui trouver un nouveau nom."

Je me souviens aussi de "The naming of names" de Ray Bradbury. L'art de nommer les noms.
Ce texte se rapporte aux Chroniques martiennes, même s'il n'en fait pas directement partie. Ray Bradbury y réfléchit sur les noms martiens donnés aux lieux avant que les Hommes ne viennent envahir cette planète. Ces noms étaient poétiques et doux, aussi vaporeux qu'un pan de brume. A l'arrivée des humains, ils furent oubliés et remplacés par des noms de fer et de métal, des noms rugueux, des noms d'humains cherchant à graver leur existence dans la pierre pour l'éternité.
Oublier un nom, est-ce que ce n'est pas aussi oublier toute une identité?

Je me souviens enfin de ce cours de philosophie en Terminale, pendant lequel nous avions étudié un court extrait de la Genèse. A sa naissance, tous les animaux passent devant Adam afin qu'il les nomme et puisse asseoir son pouvoir sur eux.

Nommer, créer, maîtriser.
Qu'y a-t-il donc dans un nom?
Qu'y a-t-il dans nos noms?

Il y a d'abord le prénom officiel, le nom choisi par les parents, longtemps mûri avant la naissance de l'enfant. Ce nom est important car il nous reste collé toute notre vie, comme marque de notre singularité dans notre famille.
Ensuite viennent les deuxième, troisième, voire quatrième prénoms. Souvent, ils nous rattachent à d'autres membres de la famille, décédés ou non, ou à des personnes illustres. Des noms sensés nous inspirer le long de notre vie par l'exemple qu'ils forment.
Puis vient le ou les patronymes, les noms de famille. De quel arbre est-on la petite feuille tremblante au printemps de sa vie. Ce nom est fixe pour les hommes, fluctuant pour les femmes encore maintenant. Pour elles, se marier peut signifier abandonner ses racines pour se greffer sur un nouveau tronc, s'arracher symboliquement à l'environnement dans lequel elles ont crû.
Des noms multiples qui nous attachent à une histoire plus grande que la nôtre. Des noms familiaux. Des noms sur lesquels nous n'avons aucune prise.

Puis viennent les surnoms. Amicaux, affectueux ou bien encore méchants... Une fois de plus, nous ne les choisissons pas. Ce sont les autres qui nous les donnent. Ce genre-là naît encore dans l'esprit d'autrui, dans leur manière de nous voir, de nous juger. Mais les surnoms ne sont pas gravés dans le marbre. Un surnom peut être perdu, remplacé, oublié.

Reste la dernière catégorie, le pseudonyme.
pseudonyme : du grec pseuds, faux, et onuma, nom.
Le pseudonyme est donc un faux nom. Dans la littérature, on appelle aussi cela un "nom de plume". J'aime particulièrement cette image évoquant à la fois l'écrivain et l'oiseau.
Sur Internet, ils sont regroupés dans la large catégorie des "pseudos". Plus larges que de simples faux noms, ils sont une facette de nous-mêmes, un bien précieux nous définissant parfois mieux encore que tous nos noms officiels.
L'une des questions les plus fréquentes sur les forums est : "D'où vient votre pseudo?". Donner la clé du pseudo revient à donner la clé permettant de comprendre l'être complexe qui se cache en-dessous.
Peut-on alors considérer qu'ils ne sont que de faux noms?
Comment expliquer alors la frustration ressentie lorsque, sur un site web, une inscription est refusée car "Le pseudo est déjà pris" ?
Ne seraient-ils pas des tentatives maladroitement humaines de trouver notre propre et "effanineffable" nom?

Comme dans l'Histoire sans fin, tout recommence dans un grain de sable.
Un nom.
Un mot si court, si simple, à peine trois lettres de long.
Pourtant comme tous les "débuts", il contient l'infinité des possibilités de création.
De ce grain de sable peuvent naître des créatures fabuleuses, des royaumes immenses aussi merveilleux que Fantasia. Tout ce dont il a besoin ce sont des vœux du petit d'homme, matérialisation des désirs et des volontés intérieures.

Parfois le cœur est plein de larmes, de tristesse, et il déborde.
Dans le meilleur des cas, ce débordement se matérialise sous forme de mots écrits.
Le meilleur des cas, oui, car il permet un retour sur soi, une distanciation que les mots dits ne permettent pas.
Les paroles s'envolent mais les écrits restent.
L'écriture reste pour moi le meilleur des exorcismes.

Un nom.
Me faut-il un nouveau nom afin de tout recommencer?
Repartir du grain de sable initial afin de construire une nouvelle vie?

Mon existence présente me semble collante, gluante, insatisfaisante en son état actuel. Chercher un nouveau nom, c'est se regarder dans un miroir et se demander: "Qui suis-je ?"
Mais comment un seul mot pourrait-il représenter l'ensemble de ce qui me compose?
Et comment pourrais-je aussi atteindre l'essence, le Ghost, l'âme...
Qui sait?

Oh Dream, éternel rêveur, plonge ta main dans la bourse à ta taille. Puisses-tu répandre sur mes yeux le sable enchanteur, prélude aux rêves les plus fous. Que de chaque grain naisse une image indescriptible qu'aucun mot jamais ne pourra remplacer.


Je suis l'oiseau-nuée...
Mes plumes sont des miroirs reflétant le monde. Et mes yeux deux puits où tout se perd. Je suis l'oiseau-nuée aux ongles de saphir, gravant des mots de feu dans le ciel étoilé, pleurant des larmes chaudes sur la misère du monde.

Je m'envole, quittant cette terre pour des cieux infinis où la seule limite est ma propre fatigue. Et je meurs en chemin afin de voler plus loin.

Je suis l'oiseau-nuée, multiple, infini, qui a perdu son âme à vouloir trop rêver.
Mais si mon corps gît ici je suis toujours vivant, car mes enfants voraces sont vos rêves germants.

jeudi, novembre 09, 2006

Retour sur soi

Noires ténèbres, protection.
Se mettre hors d'un monde que je ne connais plus. Rejoindre la féérie cruelle. Magie de sang. Autre monde, mais celui que j'ai choisi.