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vendredi, mai 15, 2015

The road not taken

Après "Do not go gentle in that good night" de Dylan Thomas, je m'attaque maintenant à l'exercice de traduire un nouveau poème anglais. Cet ensemble fait partie des traductions infidèles que j'étendrai peu à peu.



Le chemin délaissé
de Robert Frost

Deux chemins divergeaient dans un bois jaune,

Et désolé que j'étais de ne pouvoir les parcourir tous deux
Et de n'être qu'un seul voyageur, longtemps je restai
Et contemplai l'un des deux aussi loin que je le pouvais

Jusqu'au point où il virait dans les sous-bois;

Alors je pris l'autre, tout aussi égal,
Et ayant peut-être les plus justes prétentions,
Car il était couvert d'herbe et réclamait une trace;

Bien qu'en ce qui concerne cela, le passage en ces lieux

Les avait usés de la même exacte manière,
Et tous deux ce matin étaient recouverts
De feuilles qu'aucun pas n'avait encore foulées.

Oh, j'ai gardé le premier pour un autre jour!

Pourtant, sachant comment un chemin mène à un autre,
Je doutai d'y revenir jamais.
Je dirai cela en soupirant

Quelque part à des éternités d'ici:

Deux chemins divergeaient dans un bois, et moi-
Je pris le moins parcouru,
Et cela fit toute la différence.
The Road Not Taken
by Robert Frost

Two roads diverged in a yellow wood,

And sorry I could not travel both
And be one traveler, long I stood
And looked down one as far as I could

To where it bent in the undergrowth;

Then took the other, as just as fair,
And having perhaps the better claim,
Because it was grassy and wanted wear;

Though as for that the passing there

Had worn them really about the same,
And both that morning equally lay
In leaves no step had trodden black.

Oh, I kept the first for another day!

Yet knowing how way leads on to way,
I doubted if I should ever come back.

I shall be telling this with a sigh

Somewhere ages and ages hence:
Two roads diverged in a wood, and I-
I took the one less traveled by,
And that has made all the difference.



Dans mon esprit, une traduction infidèle tente de transmettre les émotions ressenties, et peut donc prendre ses distances avec le texte originel. N'hésitez pas à partager vos commentaires à ce sujet.

lundi, février 09, 2009

Un cheval sans nom

J'ai traversé le désert sur un cheval sans nom
C'est si bon d'enfin quitter la pluie
Dans le désert, tu peux te rappeler ton nom
Car il n'y a personne pour te faire souffrir
La la...




I've been through the desert on a horse with no name
It felt good to be out of the rain
In the desert you can remember your name
'Cause there ain't no one for to give you no pain
La, la ...

vendredi, février 01, 2008

Do not go gentle into that good night

Un petit exercice de traduction, en cette fin de semaine... Je suis tombée par hasard sur ce poème de Dylan Thomas. J'espère que vous l'apprécierez.


Ne t'en vas pas soumis en cette douce nuit
de Dylan Thomas

Ne t'en vas pas soumis en cette douce nuit,
Le grand âge devrait flamboyer et protester devant la fin du jour;
Rage, enrage face à la mort de la lumière.

Même si les hommes sages à la fin savent que les ténèbres sont justes,
Car leurs mots n'ont induit aucun éclair, ils
Ne s'en vont pas soumis en cette douce nuit.

Les hommes bons, lors du dernier adieu, pleurant combien radieux
Leurs frêles gestes auraient pu danser en une verte baie,
Ragent, enragent face à la mort de la lumière.

Les hommes sauvages qui rattrapèrent et chantèrent la course du soleil,
Apprenant, bien trop tard, l'avoir contrarié en son chemin,
Ne s'en vont pas soumis en cette douce nuit.

Les hommes graves, proches de la mort, voyant d'un regard s'envoilant
Que des yeux aveugles peuvent flamber tels des météores et être gais,
Ragent, enragent face à la mort de la lumière.

Et toi, mon père, là, en ce triste apogée,
Maudis, bénis-moi maintenant de tes larmes fières, je t'en prie.
Ne t'en vas pas soumis en cette douce nuit,
Rage, enrage face à la mort de la lumière.


                                  



Texte original

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rave at close of day;
Rage, rage against the dying of the light.

Though wise men at their end know dark is right,
Because their words had forked no lightning they
Do not go gentle into that good night.

Good men, the last wave by, crying how bright
Their frail deeds might have danced in a green bay,
Rage, rage against the dying of the light.

Wild men who caught and sang the sun in flight,
And learn, too late, they grieved it on its way,
Do not go gentle into that good night.

Grave men, near death, who see with blinding sight
Blind eyes could blaze like meteors and be gay,
Rage, rage against the dying of the light.

And you, my father, there on the sad height,
Curse, bless me now with your fierce tears, I pray.
Do not go gentle into that good night.
Rage, rage against the dying of the light.




Note (14/05/2015) :
Quelques années après ce jour de 2008 où j'ai fait cette petite tentative, j'ai eu la surprise de redécouvrir ce poème dans le film "Interstellar" de Christopher Nolan. Je suis alors revenue à ce texte avec encore davantage d'émotions. Merci à tous ceux qui l'ont apprécié.

mercredi, octobre 31, 2007

Si la clarté était sombre, et les ténèbres claires...

If light were dark and dark were light
The moon a black hole in the blaze of night
A raven's wing as bright as tin
Then you, my love, would be darker than sin.


'The Invocation', Pandora's Box, © 1989 Virgin Records Ltd.

mardi, mars 27, 2007

Following darkness like a dream



Le songe d'une nuit d'été, W. Shakespeare

Début de la Scène VIII, entrée de Puck:

Voici l’heure où le lion rugit,
Où le loup hurle à la lune,
Tandis que le lourd laboureur ronfle,
Accablé de sa pénible tâche.
Voici l’heure où les torches pétillent en s’éteignant,
Tandis que la chouette, par sa huée éclatante,
Rappelle au misérable, sur son lit de douleur,
Le souvenir du linceul.
Voici l’heure de la nuit
Où les tombes, toutes larges béantes,
Laissent chacune échapper leur spectre,
Pour qu’il erre par les chemins de l’Église.
Et nous, fées, qui courons
Avec le char de la triple Hécate,
Fuyant la présence du soleil
Et suivant l’ombre comme un rêve,
Nous voici en liesse.

(Traduction de F.V. Hugo)

Texte original de la fin :

And we fairies, that do run
By the triple Hecate's team
From the presence of the sun,
Following darkness like a dream,
Now are frolic.

lundi, janvier 22, 2007

Comme un rêve fait pierre



Gargouille de Notre-Dame

Beauty

I am as lovely as a dream in stone;
My breast on which each finds his death in turn
Inspires the poet with a love as lone
As everlasting clay, and as taciturn.
Swan-white of heart, as sphinx no mortal knows,
My throne is in the heaven's azure deep;
I hate all movement that disturbs my pose;
I smile not ever, neither do I weep.

Before my monumental attitudes,
Taken from the proudest plastic arts,
My poets pray in austere studious moods,


For I, to fold enchantment round their hearts,
Have pools of light where beauty flames and dies,
The placid mirrors of my luminous eyes.


Charles Baudelaire
The Poems and Prose Poems